Le cas Polanski est un superbe exemple de la justice à deux vitesses.

Revenons sur les faits :
En 1977, Roman Polanski, agé alors de 44 ans, abuse d'une jeune fille de 13 ans, après l'avoir drogué (médocs + alcool). Il est alors arrêté et doit faire face aux chefs d'inculpations suivants : viol avec usage de drogues, perversion, sodomie, actes obscènes sur enfant de moins de 14 ans et fourniture de substance contrôlée à un mineur. - Ils ont été gentils je trouve.. Si ils le chargèrent avec fourniture de substance controlée à un mineur, ils auraiten pu aussi le charger avec fourniture d'alcool à un mineur. -
Roman Polanski va alors négocier avec les autorités américaines et finalement, plaidera coupable du chef d'inculpation réduit de relations sexuelles illégales avec une mineure. Il est contraint à subir une évaluation psychologique de 90 jours dans un établissement pénitentaire. Etablissement où il se rendra après avoir obtenu 90 jours de délais pour finir le projet sur lequel il travaillait.
L'évaluation durera 42 jours, au bout desquels M. Polanski ressortira libre en vue de son procès.
Le 1er Février 1978, il fuit les Etats-Unis, craignant que la justice américaine revienne sur l'accord conclu pour la réduction des charges et craignant de devoir passer un long moment en prison.

Tout d'abord, on peut s'étonner de la clémence de l'accord passé entre la justice américaine et le cinéaste. On passe ainsi de viol à relations sexuelles illégales. Le viol implique que la victime n'était pas consentente. - Et les témoignages de la victime, même après des années, nous disent clairement qu'elle ne l'était pas. - Une relation sexuelle illégale implique que la jeune fille voulait cette relation. C'est quand même deux choses totalement différentes ! C'est une insulte pour toutes les victimes de viol...
De même, combien de personnes ayant violé un mineur peuvent avoir 90 jours pour finir un  projet et après subir une évaluation psychatrique en prison, mais dont ils peuvent ressortir libres avant leur procès ? Il est clair ici, qu'étant donné que Roman Polanski était, et est toujours, une personne célèbre, il a bénéficié, et bénéficie toujours, d'une forte complaisance de la part des autorités...
- Bizarrement, quelques décénies plus tard, un petit gris bénéficiera de moins d'indulgence pour des faits ressemblants. -

Circonstance atténuante, la mort de Sharon Tate, alors mariée à Roman Polanski et enceinte ?
Certains diront que Roman Polanski pourrait bénéficier d'une circonstance atténuante avec la mort de sa femme, en 1969, tuée, alors qu'elle était enceinte, par la bande de cinglés de Charles Manson. Il est vrai qu'un tel crime puisse profondément choqué et boulversé un homme. Ce traumatisme, si il existe et si il a eu une influence sur le crime, a normalement du être détecté lors de son évaluation psychatrique. Il en aurait alors été tenu compte lors de la décision concernant la peine à laquelle M. Polanski aurait été condamné.

Prescription ?
Pas de prescription dans ce cas. La prescription ne court que si le crime n'est pas découvert ou si le coupable n'est pas trouvé dans un temps déterminé après que le crime ait été commis. Ici le crime a été découvert, le suspect aussi, et celui-ci a même plaidé coupable. Et à aucun moment, il n'est fait question d'aveux extorqués. M. Polanski a bel et bien reconnu être coupable.

Les gerbantes déclarations de soutien
Sous prétexte du génie cinématographique de l'individu, sous prétexte qu'il est célèbre, un certain nombre de personnes, dont notre Ministre de la Culture et de la Communication, demandent à ce que M. Polanski soit libéré.
Mesdames, Messieurs. La Justice est la même pour tous et toutes. Pas de passe-droits. Il n'y a qu'une seule vitesse sur le rouleau compresseur de la Justice. Et nous devons tous finir écrasées de la même manière.

Il ne faut pas oublier que Roman Polanski a plaidé coupable. Il a reconnu les faits. Il a même négocié pour réduire la peine à laquelle il aurait du être comdamné. Il a consciemment choisi de fuir pour ne pas aller prison.
Il est temps aujourd'hui qu'il assume ses actes. Il est temps aujourd'hui qu'il paye pour son crime.

Au gnouf Polanski !
Au gnouf !
Subis le sort que tu mérite !

-- Edit --
Maitre Eolas en parle tellement mieux que moi.